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Une spiritualité peu ordinaire
    temps:2012-08-30 source:Tibet Daily auteur:    

 

Tenzin Dorje a été qualifié de Bouddha vivant moderne. Liu Wei est allé à Lhasa pour l'interrroger et en apprendre davantage.

Tenzin Dorje possède un iPad, et son thème est rouge, de la même couleur que son chougu, la robe bouddhiste traditionnelle. Dans sa tablette, de la musique bouddhiste, du hip-hop et des chansons en anglais.

Tenzin Dorje est mieux connu à Lhasa sous le nom de Sixième Balok Rinpoche. Rinpoche est le titre qui est donné à un « tulku » –un Bouddha vivant réincarné. Mais pour une personne férue de spritualité, les sujets qu'il a abordés durant l'entretien peuvent apparaitre plutôt profane…
« Je suis Vierge, et vous ? Quel est votre signe astrologique ? » dit ainsi ce jeune homme qui va fêter son trentième anniversaire à la mi-septembre. Puis il a poursuivi sur sa vedette de football préférée, le portugais Ronaldo, tout en insistant bien sur le fait qu'il n'est pas le même que « cette gueule d'ange de Ronaldo ».

De même, en opposition avec l'image que l'on se fait généralement d'un « Bouddha vivant », il a mis en ligne, sur son micro-blog, des photos de lui-même portant des lunettes de soleil chic, suscitant les commentaires de ses quelque 5 000 fans.

Ce comportement peu conventionnel a eu pour résultat que certains médias l'ont baptisé « Bouddha Vivant moderne », un titre qu'il n'apprécie guère.

Tenzin Dorje ne se souvient pas clairement quand il a été reconnu Rinpoche. Il se souvient cependant que quand il avait 8 ans environ, de nombreux vieux lamas sont venus chez lui et ont parlé à son père, également un Rinpoche, mais qui avait repris une vie séculière durant la « Révolution Culturelle » (1966-1976). Peu après, il fut reconnu comme « Bouddha Vivant ».

Certes, tout le monde ne comprend pas son style de vie. Quand il rentre dans un cinéma ou un restaurant, il arrive qu'il soit accueilli par des visages fort peu amicaux.

« Comment oses-tu être là ? Comment un lama peut-il utiliser un iPhone ? » sont le genre de questions auxquelles il fait face.
« Pourtant le fait est que je peux facilement écrire en tibétain sur mon iPhone », dit-il.

Et d'ailleurs, a t-il ajouté, à Lhasa, de nombreux lamas utilisent un iPhone pour la même raison, et ils font également bon usage des diverses applications pour mieux pratiquer le bouddhisme.

Tenzin Dorje dit qu'il a aussi construit une communauté en ligne pour l'apprentissage du mandarin. Et un de ses condisciples moine en a construit une autre, avec une application de messagerie instantanée du nom de weixin, dans laquelle vingt lamas de différents monastères peuvent discuter de sûtras en même temps.

« Jadis, les Bouddhas Vivants expliquaient les sûtras dans les monastères, mais aujourd'hui certains d'entre eux utilisent des technologies modernes pour diffuser plus largement le bouddhisme. Pour moi, il n'y a rien de mal à cela », dit-il.

En tant que Rinpoche, Tenzin Dorje a l'opportunité de recevoir une bonne éducation. Au Tibet, il y a quelque 2 000 « Bouddhas Vivants », la plupart maîtrisant le Bouddhisme, les arts, la musique ou la médecine.

Quant à lui, il a appris la musique et les arts auprès de lamas âgés. Aujourd'hui, il enseigne l'anglais et les arts à l'Université du Bouddhisme de Lhasa.
A
vant, son niveau d'anglais était pitoyable. Mais un jour, il y a neuf ans, un incident l'a incité à l'améliorer. Il était alors interprète, mais il n'a pas réussi à fournir une prestation de qualité lors d'une rencontre entre son maître et un professeur de l'Université de Virginie, et il a dû recourir à l'aide d'un des étudiants de ce professeur.

Fort gêné, il a décidé de travailler dur pour améliorer ses compétences en langues. Il a appris auprès de lamas reconnus, écouté la radio et s'est entraîné tous les jours en parlant en anglais avec des amis.

« Je voulais pouvoir dire autre chose que ‘bonjour' et ‘bienvenue au Tibet' quand je m'adressais à des amis étrangers, et discuter de la culture tibétaine d'une façon qu'ils puissent comprendre », dit-il.

Depuis, Tenzin Dorje est devenu responsable de la présentation en anglais des statues de Bouddha au Monastère Drigung Til de Lhasa, et il a fini la traduction d'un livre tibétain sur les funérailles célestes.

Ermao, important producteur de musique tibétaine a travaillé avec Tenzin Dorje sur un documentaire télévisé de 10 minutes sur la musique bouddhiste. Les deux hommes projettent de publier un CD de « gurlu » ou « mgur », une sorte de poésie lyrique du Bouddhisme tibétain.

Ermao dit qu'il serait content de voir Tenzin Dorje passer davantage de temps dans les monastères, soit pour se livrer à la contemplation soit pour étudier des sûtras, mais il ne se permettra pas de juger de son style de vie actuel.

« Au Tibet, il y a différents types de Bouddhas Vivants, dit-il. Certains d'entre eux choisissent de vivre seulement dans des monastères, tandis que d'autres préfèrent vivre au sein de la communauté. Mais tant qu'ils ne sont pas accros à certains hobbies ou aux distractions, je pense que le fait qu'ils apprennent comment les gens ordinaires vivent et travaillent ne pose pas de problème ».

Ermao dit que quelques jeunes filles ont exprimé leur admiration pour Tenzin Dorje, mais celui-ci les a repoussées poliment, en disant : « Je ne peux pas vous appartenir, puisque j'appartiens à Sakyamuni (fondateur du Bouddhisme) ».

Selon Ermao, Tenzin Dorje lui a dit qu'il ne reprendrait pas une vie séculière. « Il m'a dit que son identité actuelle est la plus honorable et la meilleure façon de vivre pour lui ».

Tenzin Dorje est aujourd'hui en mission, il essaie de collecter suffisamment d'argent pour rénover le Monastère de Yangri Gar, là où il a étudié et où il a grandi.

Yangri Gar n'est pas un grand monastère à Lhasa, qui abrite de nombreux sites religieux célèbres comme les monastères de Jokhang et de Ramoche. Il a été construit il y a 500 ans, et sa salle de réunion a besoin d'une rénovation. Le Gouvernement local a bien offert près de un million de Yuans (147 000 Dollars US), mais c'est loin d'être encore suffisant.

« Les Rinpoche sont nés avec une mission », dit-il. « Ma mission, en ce moment, est de réparer le monastère. Tous les obstacles dans ce processus sont une partie de ma pratique du Bouddhisme ».

 
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